Jean-Philippe Blondel : Juke-Box

Publié par Stéphanie on vendredi, novembre 21, 2008 commentaires (6)


J'ai encore rêvé d'elle, La Bombe humaine, Week-End à Rome... Comme ces couples qui parlent de " leur chanson ", Yoann pourrait dire de tous ces tubes qu'ils sont les siens. Ce ne sont pas forcément ses préférés, mais à quarante ans ces airs émergent de sa vie accidentée comme autant de notes échouées. L'enfance, les tourments de l'adolescence, les premières amours, et puis le deuil, imprévu, violent, tragique. Une existence à reconstruire avant même d'avoir commencé. Pendant des années, Yoann va chercher l'apaisement qui lui permettra enfin de réécouter le disque de sa vie.

Notre mémoire est musicale, j'en suis certaine. Si des évènements mondiaux font partie de notre mémoire commune (qui ne se souvient pas où il était le 11 septembre 2001?), ce sont les chansons pour la plupart d'entre nous qui rythment notre vie, parce qu'elles sont partout et qu'il est difficile de passer à côté du tube de l'été, du dernier X... (à moins bien sur de vivre sans radio, sans sortir dans les lieux publics, toute affirmation de ce genre est évidemment sujette à exception).

Et dans ce livre, Jean-Philippe Blondel utilise propose l'introspection de son personnage Yoann au travers de la bande-son de sa vie. C'est astucieux car cela interpelle encore plus le lecteur, cela l'implique. Et oui, comme Amanda par exemple, je n'ai pas pu m'empêcher également de suivre les mêmes questions que Yoann, de chercher quels morceaux composaient ma vie et comme Yoann où elle allait, parce qu'on repense au passé pour mieux appréhender l'avenir.

Jean-Philippe Blondel est un auteur du quotidien, mais dans ce que cela représente de plus grand (pour moi, c'est un compliment, qu'on se comprenne!). Loin des effets de styles pompeux, il nous entraine dans des hisotires qui pourraient être les notres. Si jamais ses livres lui servent d'introspection, il entraîne son lecteur avec lui et ce n'est jamais montré, ce n'est jamais mielleux ou pleurnichard. C'est parfois grâve, souvent léger. Ses personnages se laissent entrainer dans le tourbillon de la vie, comme nous. Parce qu'on ne peut rien y faire. Et c'est cette qualité, qui me fait tellement aimer cet auteur.

Les avis de Laurence, Papillon, Tamara, Florinette, Laure, Marie, In Cold Blog et Amanda.

N'oubliez pas de passer demain, une surprise vous attendra :)

Nathalie Rheims : Le chemin des sortilèges

Publié par Stéphanie on dimanche, novembre 09, 2008 commentaires (15)



Un jour, il est parti. Lui qui l’avait vue naître et accompagnée depuis toujours, il s’est retiré dans la solitude. Dix ans plus tard, elle retrouve sa trace et le rejoint pour comprendre ce qui s’est passé. Dans une maison aux apparences trompeuses commence un huis clos où les cauchemars se confondent avec le réel. Les souvenirs ressurgissent à travers les contes de fées qu’une main invisible dépose chaque soir à son chevet.



En refermant ce livre, j'ai eu une drôle d'impression : c'est le genre de lecture que j'appelle Blanche. La lecture ne m'a pas parue désagréable, j'ai même passé un bon moment, mais au total, je n'en garderais pas grand chose. Pourtant, l'idée de départ était intéressante : au travers des contes de fées, l'héroïne revient sur son passé et réussi à enfin le comprendre et l'accepter. L'ambiance décrite se veut tour à tour pesante, mystérieuse. Malheureusement Nathalie Rheims ne réussit pas totalement à transformer cette idée en essai gagnant. Les ficelles sont quelques fois beaucoup trop faciles pour me satisfaire : la fin était trop prévisible entre cette femme qui s'occupe de la maison et surtout Lui.
Cette lecture peut certainement plaire, mais je pense qu'il risque surtout de déclencher plus d'avis tranchés négatifs que positifs. C'est très introspectif, l'utilisation des contes de fées est mal exploitée à la réflexion, même si sur lors de la lecture je me suis laissée facilement portée.

Une lecture que je ne regrette pas mais qui ne m'aura pas laissée grand-chose.
Merci à Chez les filles ainsi qu'aux éditions Léo Scheer de me l'avoir fait parvenir!

Heureusement Karine:) a aimé, Leiloona, Clarabel, Lucie, Saxaoul et Malice l'ont également lu.


Marie Ann Shaffer et Anne Barrows : Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Publié par Stéphanie on dimanche, novembre 02, 2008 commentaires (12)


Janvier 1946, l'Angleterre se relève péniblement de la guerre. Juliet a réussi l'impossible en faisant rire les anglais de la guerre. En tournée de promotion, elle se demande quel pourrait être le thème de son prochain roman. Elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey qui a racheté l'un de ses livres et a ainsi trouvé son adresse. Au fil de leur correspondance, elle découvre le cercle littéraires des amateurs d'épluchures de patates de Guernesey
(île anglo-normande non épargnée par la guerre).




Tamara
se posait la question : comment un roman épistolaire peut-il nous faire tant aimer ses personnages? Franchement je ne sais pas plus mais je suis autant sous le charme. Peut-être est ce parce qu'alors le lecteur pénètre au cœur de l'intimité des personnages. Les styles de chaque épistolier est différent. Ce qui fait le charme de chacun (ou presque) est indubitablement l'amour de la lecture, l'amour des livres.
Quand par exemple Juliet se demande si les livres n'ont pas un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Ou lorsque Isola se morégrine d'aimer plus les héros de romans (Darcy est cité bien sur dans le roman) que les hommes de chair et de sang. A propos de Darcy, j'ai adoré la réaction de cette nouvelle lectrice, prête à gronder ses amis de ne pas lui avoir fait découvrir plutôt (enfin une histoire d'amour sans homme déséquilibré et sans cimetière).

Si Juliet est au centre de l'histoire car c'est sa correspondance que nous suivons tout au long du roman, il y a juste en philigramme derrière elle Elizabeth qui avait eu la présence d'esprit de créer le club lors de l'invasion des allemands. Les deux sont attachantes, et j'aurais adoré les emmener à la rencontre du club des théières d'aujourd'hui. Le problème est peut-être que j'aurais pris également sans hésiter Dawsey, le timide si à l'écoute des autres, fan de Charles Lamb (qu'il va falloir que je lise), Isola la liseuse de bosses de crane, Ebe et son petit-fils Eli et je n'aurais pas non plus hésité à inviter tous les autres.

A sa lecture, je n'ai pas pu évidemment ne pas penser à 84, charing cross road. Il y a du Helen Hanff dans Juliet Ashton. J'ai retrouvé le même amour des livres, la même verve littéraire.

Bon les filles, et si nous délocalisions l'une de nos réunions à Guernesey?

Les avis unanimes de : Tamara, Fashion, Emjy, Karine:), Sassenach, Caro[line], Uncoindeblog.

Sarah Singleton : Le conte des Hérétiques

Publié par Stéphanie on mercredi, octobre 29, 2008 commentaires (6)


Elizabeth vit dans la peur. La religion pratiquée par sa famille n'est pas autorisée. Cependant, la jeune fille ne manque pas de courage : elle décide de venir en aide à une personne étrange qui se terre au fond d'un bois. Sa peau est verte, ses ongles ressemblent à des griffes et son histoire est terrible... Elle aussi a tout d'une hérétique.





Ce livre aura finalement attendu plus de 8 mois au fond de ma PAL. C'est une envie de livre jeunesse avec un peu de fantasy qui me l'a fait ressortir. Et ce fut une bonne idée car la lecture m'a plu sur le coup. Malheureusement, je pense avoir trop attendu pour rédiger mon billet, j'en garde un souvenir flou mais relativement agréable.
Une seule chose m'a marquée : la réflexion sur la différence qui permet tout aussi bien l'histoire l'histoire d'Elizabeth que celle d'Isabella, deux jeunes filles tour à tour persécutées pour leurs croyances. L'univers créé par l'auteur est cohérent même quand elle rentre dans l'imaginaire du pays d'Isabella.
Le style est simple mais direct et si j'ose dire rempli le contrat sans effets de styles. J'ai un peu regretté certaines descriptions un peu redondandes.

Une lecture agréable, sans plus.

L'avis de Clarabel qui a aimé et m'avait donné envie d'acheter ce livre.

Ange : Le grand pays ( La legende des tueuses-demon - Tome 1)

Publié par Stéphanie on lundi, octobre 27, 2008 commentaires (19)

*** Caution : la lecture de ce livre peut provoquer ***
*** des dommages typiquement LCA ***



A 11heures, ils demandèrent à Malïn de se suicider. Ils l'amenèrent dans la suite princière et lui laissèrent, selon la tradition, une dague, un bol de breuvage d'épices au miel et une fiole de poison. Puis ils s'inclinèrent et sortirent. Malïn resta seul. Il avait quatorze ans.

Mais un autre destin attend le jeune prince.






Je suis certaine que vous connaissez l'horrible frustration à la lecture de la dernière phrase d'un roman qui vous a passionné. Imaginez cette frustration multipliée par cent due à un suspens de folie qui ne sera résolu que lors de la sortie du prochain tome. C'est exactement ce que j'ai ressenti en refermant Le grand pays, roman qui offert lors de la soirée de rentrée Bragelonne. Nous étions début septembre et le tome 1 n'était même pas encore sorti que je réclamait déjà le 2. J'avais même que j'en ai même rugit de frustration :)

Mais pourquoi ai-je tant aimé ce livre? C'est une question que je me pose depuis un petit moment, et j'ai eu beaucoup de mal à rédiger ce billet. Déjà, la première scène est un choc : pas de longue introduction où il ne se passe pas grand chose mais qui permet à l'auteur (ici les auteurs) de présenter l'univers dans lequel il veut entrainer son lecteur. Cette scène nous projette directement au coeur de la tragédie (ou l'action) puisque Malïn est laissé seul pour décider de quelle manière il préfère mourir, et ensuite exécuter son suicide. Cependant, le palais est frappé par une entité maléfique. Le prince s'enfuit avec une princesse délivrée en chemin, pour ramener une tueuse-démon et ainsi sauver son pays.

C'est un univers riche et cohérent qu'ont réussi à créer Anne et Gérard Guéro. Ce roman initiatique est d'une grande qualité littéraire : la langue est poétique, tout en réussissant le tour de force à projeter constamment le lecteur dans l'action. Au délà de l'histoire qui m'a tenue en haleine tout du long, des personnages auxquels je me suis attachée, j'ai vraiment apprécié lire ces phrases.

Et là, la frustration me reprend parce que je n'arrive pas à retranscrire la moitié du plaisir de cette lecture.
Lisez-le, lisez-le, lisez-le :))

Isil a également aimé même si elle a été gênée par des expressions trop modernes.

Pierre Erwan Guillaume : Haut les coeurs!

Publié par Stéphanie on mercredi, octobre 22, 2008 commentaires (6)

Emma aime Simon. Simon aime Emma. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils attendent leur premier enfant lorsqu'Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer. Finalement tout ne va pas aussi bien...


Il s'agit de l'histoire d'un cancer du sein, celui d'Emma. Mais c'est surtout l'histoire de ce couple que forment Emma et Simon. Bien sur cela fait cliché, très love story : ils s'aiment et ensemble, ils se doivent d'être plus forts que ce "foutu" cancer.
C'est également l'histoire d'une grossesse : Emma est enceinte de cinq mois lorsque lors d'un contrôle de routine à la maternité, un kyste est trouvé sur son sein. Le premier médecin consulté préconise immédiatement une interruption de grossesse, mais la future mère ne peut s'y résoudre et veut un second avis. Le deuxième médecin acceptera d'accompagner le couple dans cette grossesse à risque avec pour but de tenir jusqu'au sixième mois, jusque ce que le bébé soit viable. Commencent alors les séances de chimio.

Ecrit effectivement, comme souligné dans le quatrième de couverture, dans une langue d'aujourd'hui, le récit ne m'a pas semblé présenter des qualités littéraires évidentes. Tout est dans la force du récit, dans sa sensibilité et sa justesse (inspiré d'une histoire réelle, ceci expliquant peut-être cela).
Au delà des aiguilles, des poches de chimio et des cathéters ressort tout de même l'espoir. Les protagonistes semblent partagés entre cet espoir indéfectible et une certaine résignation. Je suis ressortie de cette courte lecture optimiste. Je n'ai jamais été triste et c'est peut-être là la principale qualité et surprise.

En recherchant la couverture sur le net, j'ai appris que le livre avait été adapté au cinéma avec Karin Viard et Laurent Lucas dans les rôles principaux.

Abdelkader Djemaï : Le nez sur la vitre

Publié par Stéphanie on jeudi, octobre 09, 2008 commentaires (5)


Dans la lumière blanche d'un matin d'été, un homme prend l'autocar pour aller voir son fils qui ne répond plus à ses lettres. Dans ce voyage intime qui commence dans le Midi et qui le conduira dans une ville bâtie elle aussi au bord d'un fleuve, il se souviendra de son propre père, de la guerre, des paysages de son enfance en Algérie, de la pauvreté et de sa découverte de la mer. Au bout de la route, il retrouvera, derrière la vitre de l'autocar et de son existence, cette part de lui-même faite d'ombres et de silences.




Un homme, un père, un mari, décide de prendre un bus afin de rejoindre un fils qui n'écrit plus depuis longtemps. Durant le voyage, il revient sur sa relation avec ce fils avec qui il n'a pas su, n'a pas pu communiquer. Il repense à sa relation, pourtant si simple, avec son propre père et c'est bientôt toute sa vie qui défile.
Ce récit m'a profondément touchée car il a la justesse de la simplicité. C'est fluide, évident, parfois étranger mais pourtant souvent familier comme le paysage qui défile derrière la vitre lors d'un voyage dans son propre pays. J'ai une tendresse particulière pour les récits de voyages qui sont souvent le support d'introspection. Les mots me touchent alors plus que tout. Peut-être est-ce pour cela que j'aime tellement lire dans les transports.
Ici Abdelkader Djemaï décrit admirablement les relations parents-enfants. Le style de narration utilisé détaché, quasi journalistique avec l'utilisation du passé-simple accentue le recueillement de ce père qui ne comprend plus. Au lieu de tomber dans le mélo, ce style donne une force surprenante au récit.

Il est presque inutile de vous le dire : j'ai aimé et je vous recommande chaudement cette lecture.

Laurence
a autant aimé, Bladelor est cependant plus réservée.

Julien Almendros : Vue sur la mère

Publié par Stéphanie on dimanche, septembre 14, 2008 commentaires (1)


Couverture :
"Je suis né le cordon ombilical autour du cou, un premier bijou qui, déjà, avait l'avantage de n'être pas très onéreux"
Un règlement de comptes entre un fils, le narrateur et sa mère. Toute mère est unique, mais l'espèce recèle des variations infinies : oublieuse, farceuse, voleuse, frondeuse, ou comme dans le cas présent, dévoreuse. C'est en effet dans un espace aérien redoutablement surveillé qu'évolue un narrateur toujours en vaine de trouées, d'escapades et d'échappatoires ; secondé par un père en majorité fragile et un frère en minorité relative.


Mon avis :
Sans Amanda, je n'aurais certainement jamais lu ce court récit/roman de la rentrée 2008. C'est tout à fait le genre de roman que je n'affectionne pas :
- un récit autobiographique ou pas, qui se plait à mélanger les pistes
- un amoncèlement d'anecdotes et scènettes contées comme à l'oral ou presque. L'ordre est moitié chronologique, moitié par sujet (école, copines, pleurs de cette mère...) Julien Almendros s'offre même une mini pièce de théâtre au milieu du récit pour introduire des scènes sur un même sujet, scènes dont il reparlera après en les remettant dans leur contexte.

Et pourtant, et bien j'ai lu ce livre d'une seule traite (aidée il est vrai par son peu de pages, 125 pages, et une insomnie). Derrière tout ce fouillis, le roman a une cohérence. Les anecdotes sont parlantes, L'épilogue n'était peut-être pas nécessaire mais n'est pas gênant.

S'il vous passe entre les mains, je vous recommande de prendre une heure pour le lire, et s'il n'y passe pas, je ne suis pas certaine de vouloir vous recommander cette dépense. Il y a tant d'autres livres à découvrir. Par contre, je vais être curieuse de lire le second roman de cet auteur. Ce sujet personnel ayant été traité, que choisira t il de nous écrire?

L'avis de Laurence du Biblioblog qui a aimé, et celui d'Amanda que je remercie pour le prêt.

Kate Atkinson : Dans les coulisses du musée

Publié par Stéphanie on mardi, septembre 09, 2008 commentaires (13)

Couverture :
Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, la petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et la voilà qui entreprend de nous raconter, avec un humour et une lucidité féroces, dévastateurs, son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses soeurs, de toute une famille anglaise moyenne - mais assurément pas ordinaire. Mieux encore : Ruby remonte dans le passé. Si bien qu'à l'Angleterre des années cinquante et soixante se mêlent les images de tout le siècle, de deux guerres mondiales qui ont bouleversé des destinées.

Dès sa parution en Angleterre, ce premier roman de Kate Atkinson a été salué comme un chef-d'oeuvre, pour la subtilité de sa construction, la verve irrésistible de son écriture.
Il a obtenu le prix Whitbread 1996, battant au dernier tour Salman Rushdie. En France, la rédaction de Lire l'a élu meilleur livre de l'année.

Mon avis :
J'ai acheté ce livre sur les conseils de Christophe de I love my blender et Chiffonette alors que je cherchais une lecture joyeuse qui ne soit pas de la chick lit.
Bon, autant vous le dire tout de suite, ce livre n'est pas exactement ce que je décrirais comme une lecture joyeuse. De plus si j'avais lu le quatrième de couverture, je ne pense pas que je l'aurais acheté. Et oui, je dois l'avouer, à l'opposé de certaine chanceuse, je n'ai absolument pas de mémoire des noms, et donc une telle histoire à tiroirs avec moultes personnages ne pouvaient que me perdre sans le support d'un film (j'adore par contre les films chorales, mais bien sur je ne me rappelle jamais du nom des personnages!)

Et pourtant, miracle, je n'ai jamais été perdu. Le style de narration semble pourtant partir dans tous les sens (les époques se mélangeant allègrement) et bien que nenni, je savais toujours où j'en étais et ce petit miracle ne rendait ma lecture que plus agréable. Je ne peux même pas dire que je m'étais trop attachée aux personnages. Bien sur, j'ai adoré suivre les aventures de cette famille anglaise, mais certaines époques m'ont tout de même un peu ennuyées (sans cependant gâcher ma lecture).

Kate Aktinson est vraiment une écrivaine époustouflante, car d'un livre qui serait le plus classique possible par son histoire, elle arrive à le transformer en une petite expérience grâce à la narratrice inédite et un mélange d'époques qui ne perd jamais son lectorat.

Une expérience que je vous recommande!

L'avis de Jules (qui n'a pas aimé par contre), Praline (plus modérée), ouf enfin un avis positif du bibliomane, tandis que Papillon est dubitative.
Et ben! Je me sens un peu seule après cette recherche!

Stephenie Meyer : Breaking dawn

Publié par Stéphanie on mardi, septembre 02, 2008 commentaires (10)

Couverture :
When you loved the one who was killing you, it left you no options. How could you run, how could you fight, when doing so would hurt that beloved one? If your life was all you had to give, how could you not give it? If it was someone you truly loved?

To be irrevocably in love with a vampire is both fantasy and nightmare woven into a dangerously heightened reality for Bella Swan. Pulled in one direction by her intense passion for Edward Cullen, and in another by her profound connection to werewolf Jacob Black, a tumultuous year of temptation, loss, and strife have led her to the ultimate turning point. Her imminent choice to either join the dark but seductive world of immortals or to pursue a fully human life has become the thread from which the fates of two tribes hangs.

Now that Bella has made her decision, a startling chain of unprecedented events is about to unfold with potentially devastating, and unfathomable, consequences. Just when the frayed strands of Bella's life--first discovered in Twilight, then scattered and torn in New Moon and Eclipse--seem ready to heal and knit together, could they be destroyed... forever?

The astonishing, breathlessly anticipated conclusion to the Twilight Saga, Breaking Dawn illuminates the secrets and mysteries of this spellbinding romantic epic that has entranced millions.

Mon avis :
En français et sans spoiler :)
Et voilà, je connais enfin la fin de cette "saga". Pour rappel, un cinquième volume est prévu mais il s'agit du volume un vu par Edward.
Ce quatrième tome réserve quelques surprises même si l'essentiel de l'intrigue reste logique. Un point m'a particulièrement étonné, je l'étais d'ailleurs tellement que j'ai envoyé un sms à Fashion pour vérifier ma bonne compréhension.

Stephenie Meyer fait plusieurs changements de rythmes qui peuvent agacer le lecteur : deux évenements attendus sont traités somme toutes très rapidement, alors que dans le troisième tiers du livre, une attente m'a également semblée interminable. Qu'attendent ils? Désolée pour cela, il faut soit se mettre à l'anglais, soit attendre la sortie française. En plus des changements de rythme, il y a également un changement de narrateur et si cela m'a gêné au départ, j'ai finalement particulièrement aimé cette partie. Stephenie Meyer a même poussé le professionnalisme jusqu'à adapter les titres des chapitres au caractère de ce nouveau narrateur. Totalement en ligne :)

Côté langue, je n'ai pas ressenti de gêne alors que je ne lis jamais en anglais (cela prouvait ma motivation et ma curiosité). Les phrases sont simples et une fois acquéri les termes de vampires, loups-garous, horde...rien ne bloque la compréhension. Bon, j'ai quand même un bon niveau puisque j'utilise courremment l'anglais pour mon travail. J'ai été une seule fois perdue, mais heureusement une équipe de choc à répondu à mes questions.

Les avis de Fashion, Karine et Yueyin (qui n'a toujours pas écrit son billet) que je remercie toutes trois pour leurs discussions animées en marge de ma lecture. Maijo l'a également lu.

Scott Westerfeld : Pretties

Publié par Stéphanie on mercredi, août 20, 2008 commentaires (11)

Couverture :
Tally est enfin devenue une sublime Pretty. Elle a de grands yeux pailletés, un visage et un corps parfaits ; tout le monde l'apprécie, et son petit copain est craquant. Ses rêves les plus fous sont devenus réalités. Mais au cœur de cette vie de fête, de luxe high-tech et de liberté, perce un sentiment de malaise : quelque chose ne va pas, quelque chose d'important. Un jour, Tally reçoit un message, écrit de sa propre main lorsqu'elle était Ugly... A mesure qu'elle le lit, les souvenirs reviennent : sous la beauté parfaite et le bonheur absolu des Pretties se cache une effroyable vérité. Désormais pour Tally un choix cruel s'impose: oublier à tout prix cette vérité ou fuir la cité pour sauver sa peau.

Mon avis :
Une chose est sure, Scott Westerfeld a réussi l’exercice difficile de rendre encore plus palpitant l’épisode deux de sa quadrilogie (Après Uglies et Pretties, est déjà parus Spécials et vient de sortir Extras).
Attention cet article contient des spoilers / premier tome
Tally avait été laissée en train de se rendre à la fin du premier tome afin de subir l’opération. Elle est donc maintenant Pretties et a intégré le « gang » des Crims. (Hum, la semaine passée avec Karine semble avoir laissé quelques marques dans mon vocabulaire)
Toujours est-il que j’ai été dès le début incapable de lâcher les aventures de Tally. La découverte du monde des pretties est passionnante et je n’ai pu m’empêcher d’encourager notre héroïne et ses nouveaux amis à rester intenses. Le style est toujours aussi efficace, c’est une lecture facile, qui continue tout de même de poser des questions d’actualité sur notre société.
Un parfait moment de détente pour cet été qui pourrait alimenter ensuite une fin de soirée à papoter sur le monde.

L'avis de Fashion (que j'encourage à lire encore plus vite que d'habitude... Specials, specials :))

Antoni Casas Ros : Le théorème d'Almodovar

Publié par Stéphanie on mardi, août 12, 2008 commentaires (5)


Couverture :
Défiguré à la suite d'un accident, le narrateur émerge lentement de sa solitude, réconcilie la forme et le sans-forme, explore le monde duquel il s'était retiré. Le double regard, celui, distant, d'Almodovar qui le filme et celui, passionné, d'un transsexuel, lui fait comprendre peu à peu qu'il y a une fête au centre du vide.

Biographie de l'auteur
Antoni Casas Ros est né en 1972 en Catalogne française. Le théorème d'Almodovar est son premier roman. Il vit à Rome.

Mon avis :
J'ai lu ce livre début juillet, il m'a plu et pourtant j'ai mis tout ce temps avant d'écrire mon billet. Simplement parce que je ne trouvais pas les mots (et ne les ai toujours pas) pour vous parler de la poésie de ce vide que représente la vie du narrateur, vide comblé par la folie d'un homme/femme amoureux, d'un cerf et d'un Almodovar dans son propre rôle. Vous parler de cette poésie, c'est déjà un peu la perdre donc je ne peux que vous conseiller de le lire.

Les billets de Cathulu, Lily, Anne, Pascal, Fashion, Caro[line]

Lu dans le cadre du prix Landerneau

Philippe Grimbert : Un secret

Publié par Stéphanie on jeudi, août 07, 2008 commentaires (15)


Couverture :
Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Prix Goncourt des lycéens2004 et Grand Prix littéraire des lectrices de Elle 2005.

Mon avis :
Qu'on me pardonne, mais je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant l'adaptation cinématographique sortie l'année dernière. Quand je dis que je ne lis quasiment jamais la presse littéraire, je serais peut-être prise au sérieux maintenant (quoique j'aurais préféré un exemple plus glorieux). J'ai été très attirée par le film mais finalement par manque de temps, j'avais à la place prévu de lire.
C'est chose faite, et j'ai malheureusement été passablement déçue. Tout d'abord, je n'ai jamais réussi à ressentir un minimum d'empathie pour le narrateur, ensuite j'ai compris très rapidement quel était ce fameux secret. Les deux ensemble a fait perdre une grande partie de l'intérêt de cette lecture.
Un rendez-vous manqué que j'ai regretté.

Claire Wolniewicz : Le temps d'une chute

Publié par Stéphanie on mercredi, juillet 30, 2008 commentaires (3)


Couverture :
A quatorze ans, éblouie par la fluidité des matières et l'explosion des couleurs, déjà experte dans l'art de la coupe, Madelaine crée ses premières robes. Le siècle défile, inventions, destructions, restrictions, guerre, la mode s'emballe... L'après-guerre 'offre' Tadeusz - un rescapé des camps - à Madelaine. De leur union naît Lucie, et Madelaine créera pour elle quantité de modèles. Mais les vieux démons rôdent : pourquoi ne parvient-elle pas à toucher sa fille, à lui parler, à l'aimer ? Le couple se délite, Madelaine s'isole.

Mon avis :
Je suis loin d'être une fashion victime même si j'aime suivre les tendances de loin (et non pour ma garde robe) mais pourtant j'adore les films, livres parlant de la mode. Je ne pouvais donc qu'avoir un a priori positif pour ce livre qui nous conte l'histoire d'une créatrice qui commença comme vendeuse-retoucheuse.
Cependant, j'ai tout d'abord été perturbée par le style de l'auteur et je dois remercier Caro[line] de m'avoir encouragée à persévérer. Là généralement, j'ai de grandes difficultés à expliquer ma gêne et bien sur, il n'y aura pas d'exception. Je suppose que c'est le style froid, presque journalistique de la narration qui me gênait. Le style est d'ailleurs accentué par l'utilisation du présent.
Et puis comme dans toute bonne histoire, je me suis finalement attachée aux personnages : à Madeleine bien sur mais également à son entourage. J'étais trop curieuse de savoir comment tout cela allait finir, j'ai oublié le style et me suis laissée pénétrée par l'histoire. C'est une belle histoire de femme, une histoire de résilience, un long apprentissage de la vie par celle qui l'habillait sans vraiment la vivre.

Encore un joli moment de lecture que je vous recommande.

Les avis de Cathulu, Fashion, Katell, Lily, Michel, Papillon, Pascal et Caro[line]

Lu dans le cadre du prix Landerneau

Les mots et la chose

Publié par Stéphanie on mardi, juillet 22, 2008 commentaires (18)

Puisque j'ai été dénoncée, j'assume! Depuis qu'une certaine personne a proposé le thème Galipette pour le club des théières, je n'ai eu de cesse de le reproposer à chaque fois. D'ailleurs l'entrain mis par cette participante ou celle-ci à lire plusieurs livres, me dit bien combien j'avais raison.
Et oui, je peux vous dire que ce fut un club des théières d'anthologie. Jamais thème n'aura autant fait rire, alors que Caro[line] quasi sérieusement était là pour recentrer le débat avec son maintenant quasi anthologique : mais côté galipettes, c'était comment?

Côté lecture, j'avais donc décidé de respecter le thème en achetant un Harlequin et comme on les appelle des romans de gare, j'avais penser l'acheter à Roissy (gare - aéroport : même combat non?). Mais que neni, sachez-le le Harlequin est introuvable au relais H de l'aérogart F de Roissy. Par contre, le voyageur doit avoir besoin de reconfort, car le rayon "galipettes dures" est largement fourni. Passé 33 ans, avec une hésitation je l'avoue, j'ai acheté sans rien d'autres

Contes Pervers de Régine Déforges
Paillards ou mystiques, tragiques ou comiques, ces contes pervers, un des trop rares ouvrages érotiques écrits par une femme, nous emmènent de Hong Kong à Paris, d'Athènes aux Antilles, en Italie ou dans la ForêtNoire. Une seule loi les régit : une sensualité libre et débridée

Et bien je peux vous le dire haut et fort, malgré ce résumé qui promettait de la galipette de qualité, j'ai trouvé tout cela triste. C'est violent (l'un des contes est même un viol collectif) et donc pas du tout afriolant.

Fort désappointée, je décidais de me consoler en lisant le deuxième tome en poche des aventures Jamie et Claire dans le Chardon et le Tartan. J'attendais de la galipette de qualité, puisque cette série m'avait été conseillée par moultes blogueuses dont les yeux brillent dès que le prénom de Jamie est prononcé. Le premier tome avait permis de lire une scène de nuit de noces totalement dans le thème.

Le bûcher des sorcières (Le chardon et le tartan - 2) de Diana Gabaldon
Deux siècles... Claire, en franchissant la porte de pierre, a atterri deux cents ans en arrière. Enlevée, violentée, soupçonnée d'espionnage, tiraillée entre Ecossais et Anglais, ses voyages dans le temps n'ont pas fini de lui réserver des surprises... D'autant plus qu'entre Frank Randall, son mari du XXe siècle, et Jamie Fraser, le beau rebelle des Highlands qu'elle a dû épouser pour échapper à la mort, la voici désormais polyandre ! Ce qui n'est pas du goût de Laoghaire, une adolescente amoureuse de Jamie... Et rien n'est plus dangereux qu'une jeune amoureuse. C'est ainsi que Claire, accusée de sorcellerie, se voit condamnée au bûcher... Comment échapper à ce sort funeste et oublier ce brûlant cauchemar ? Claire a-t-elle réellement envie de quitter Jamie ? Telle est la question...
Oui mais non! Si ce livre est rempli d'Amouuuurrrrrr, d'hommes en kilt (et nus dessous!), d'aventures, la seule scène de galipette est une scène de torture sur un homme. L'édition broché réunissait le tome 1 et 2 de l'édition de poche actuelle, et donc aurait permis de répartir plus équitablement les galipettes.

Et voilà, je me morfondais au fond de mon humble chaumière (qui est en béton et au rdc d'un immeuble mais passons) de n'avoir pas bien fait mes devoirs. Décidée, j'allais donc au supermarché de ma ville (celui où je fais la majorité de mes courses, où je commence à bien connaitre les caissières) pour débusquer un Harlequin. Déjà largement brieffée par Fashion, je ne réussis cependant à débusquer que des Collections blanches. Peu emballée car si j'ai bien compris la galipette est rare dans cette collection, et doutant de craquer pour un ersazt sans humour de notre Docteur House, je choisis une valeur sure, l'Ecosse avec :

Un ravisseur sans scrupules de Julie Garwood
Le baron Haynesworth ne se soucie pas de l'avis de ses filles lorsqu'il s'agit de les marier. Il songe avant tout à conforter ses alliances en Écosse. C'est ainsi que Brenna est promise au riche MacNare, un homme qu'elle n'a jamais vu. Pas question de discuter : elle est expédiée sous bonne escorte dans les Highlands ! Mais rien ne se passe comme prévu. En traversant une forêt, Brenna voit surgir cinq géants vêtus de kilts. Faisant fi des protestations de la jeune femme, leur chef la jette sur son étalon noir et s'enfuit au galop. Connor MacAlistair est ravi de son exploit : il s'est vengé de MacNare et la jeune femme qui se débat entre ses bras est ravissante. Connor a prévu de l'épouser sur-le-champ, et rien ne saurait l'empêcher de faire valoir immédiatement ses droits conjugaux.

Ecosse, kilt, guerrier, frèle jeune-fille, nuit de noces. Là j'étais sure d'être dans le thème et en plus de faire briller les yeux de certaines théières encore sous le charme de Jamie. Le pari fut réussi : Connor est wiiiiiillldddddd et craquant à souhait.
Mais j'entends Caro[line] : et côté galipette alors? Et bien la galipette est de qualité, même si un peu répétitive une fois passée la nuit de noce.
Je me suis surtout gaussée des mécompréhensions entre les deux époux : Brenna a décidé de n'en faire qu'à sa tête (avec de bonnes intentions) et réussit à mettre Connor dans tous ses états. Au grand regret de certaines cependant, les affrontements restent verbaux et ne vont pas jusqu'à une fessée. :) (celles qui ont lu le Chardon et le Tartan comprendront, les autres mais qu'attendez-vous????)
C'est à mourir de rire, lorsque mêmes les gardes sont sous le charme de Brenna et incapables de lui interdire la moindre idée farfelue. Bien sur, Connor refuse d'admettre son amour mais heureusement l'amouuuuuuurrrrrrr triomphe toujours. Ouf!
Un roman de la collection Aventures et Passions, de qualité que j'ai trouvé relativement bien écrit malgré un suspens sans suspens :)

PS : le titre du billet est celui d'une pièce parlant du thème que j'ai vu l'année dernière avec Jean-Pierre Mariel. Je vous la conseille fortement. Aaahhh Jean-Pierre, nous êtions au moins cinq filles de trente ans sous le charme ce soir-là :)

Deborah Moggach : Ces petites choses

Publié par Stéphanie on lundi, juillet 14, 2008 commentaires (3)


Couverture :
Délocaliser les vieillards ! C'est l'idée lumineuse qui va sauver le docteur Ravi Kapoor, un médecin londonien épuisé par son travail quotidien et surtout par les soucis que lui cause on insupportable beau-père, Norman Purse, un vieux satrape aux révoltantes manies, combinant avec un rare bonheur l'égoïsme, le sans-gêne et l'obsession sexuelle sénile. Déjà expulsé de toutes les maisons de retraite convenables, Norman semblait impossible à recaser.
C'est alors qu'un cousin de Ravi, un homme d'affaires au dynamisme sans bornes, va créer en Inde une chaîne de maisons de retraite très 'Vieille Angleterre', où les Britanniques d'âge avancé, déconcertés et parfois même affolés par les conditions de vie nouvelles de leur pays natal, pourront retrouver, au soleil et dans la paix, les moeurs et l'atmosphère de leur jeunesse évanouie.

Mon avis :
J'avoue je n'étais que moyennement motivée par cette histoire de retraités envoyés en Inde. Cela fut d'autant une jolie surprise puisque j'ai été happée par ce récit dont vous entendez énormément parler sur les blogs. En effet, suite à l'opération de la mariée mise à nue, le livre de poche a proposé à de nombreux blogueurs et blogueuses de rédiger un avis sur ce livre.

Deborah Moggach a su joliment décrire ces petites choses au travers de l'aventure de ces retraités anglais. Si le livre commence de la façon la plus classique qui soit avec des descriptions plus ou moins rapides des circonstances ayant conduit les personnages à se retrouver en Inde, le récit prend une saveur épicée, teintée d'ironie mais toujours avec énormément d'humour et de respect une fois sur place. Ces petites choses ce sont toutes ces choses auxquelles on ne fait plus forcément attention, ces petits changements qui prouvent que l'air de rien la vie n'est certainement pas finie à 70 ans, qu'il est toujours temps de refaire sa vie, qu'on peut s'être trompé longtemps et soudain trouver sa voie au détour d'un marché indien, en se trompant justement sur l'activité d'une entreprise.
Au lieu de tomber dans une nostalgie facile, l'auteur nous amène à aller de l'avant. J'ai tout particulièrement aimé le personnage d'Evelyn qui peut à peut se découvre et laisse voir combien elle est une belle âme.
Comme dans le meilleur des films chorales, chaque caractère est mis en avant, et personne n'est dénigré. Les petits malheurs, les petits bonheurs, les petits moments de courage comme les moments moins glorieux sont toujours décrits par l'auteur avec une infinie tendresse pour ses personnages, le pays qui l'accueille.

J'ai lu il y a un moment, un article décrivant combien l'Inde pouvait représenter un choc pour les européens. Ce livre n'a pas la prétention de faire le même effet, mais il en donne au moins un premier goût.

Scott Westerfeld : Uglies

Publié par Stéphanie on jeudi, juillet 10, 2008 commentaires (8)


Couverture :
Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s'apprête à subir l'opération chirurgicale de passage pour quitter le monde des Uglies et intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis promis par les Autorités, Tally n'aura plus qu'une préoccupation, s'amuser... Mais la veille de son anniversaire, Tally se fait une nouvelle amie qui l'entraîne dans le monde des rebelles. Là-bas, elle découvre que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu'un secret d'État : une manipulation. Que va-t-elle choisir? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection? Véritable phénomène aux États-Unis, ce premier tome de la série Uglies a reçu plus de vingt récompenses, dont celle du Meilleur livre pour jeunes adultes 2006 de l'American Library Association.

Mon avis :
Vous savez comment cela se passe : vous avez un nombre à 3 chiffres de livres dans votre PAL, mais il suffit de lire le billet d'une grande tentatrice pour vous retrouvez immédiatement en train de lui dire : "à moi aussi tu le prêteras?".
Ahlalalala et oui je suis faible, et vu le nombre de tentatrices en herbe qui trainent sur Paris, ma PAL ne risque pas de diminuer!
Donc comme vous vous en doutez, c'est encore une fois, ce qu'il est arrivé en lisant ce billet, puis celui-ci.

Cependant, je dois avouer que le premier tiers du roman m'a laissé sur ma faim. Je n'étais que peu sensible au discours de Tally même son environnement me donnait des sueurs froides. Je me demande à quel point un adolescent d'aujourd'hui ne ressent pas quelque fois des sensations analogues.
Le roman a commencé à vraiment me passionner lorsque sa camarade disparait. Là, la manipulation se montre, et si son environnement était déjà révoltant, il devient machiavélique.
Bien sur le parallèle avec La déclaration et sa société totalitaire est évident. Dans les deux cas, ce sont des histoires d'adolescents se révoltant contre un gouvernement. La déclaration posait la question de la jeunesse éternelle, Uglies pose celle du dictat de la beauté et un peu plus même. C'est ce un peu plus, qui fait d'Uglies un roman encore plus passionnant que la déclaration que j'avais déjà beaucoup aimé.

Un excellent moment de lecture, mais attention la fin ne vous donnera qu'une envie, commencer tout de suite Pretties.

Pan Bouyougas : Anna pourquoi

Publié par Stéphanie on samedi, juin 28, 2008 commentaires (5)



Couverture :
Dans l’île grecque de Léros, la forteresse byzantine abrite une chapelle et des cellules. Là, perchées entre ciel et mer, la none Nicoletta et la novice Véroniki tâchent d’apprivoiser le silence, la noirceur et le vertige. Jusqu’au jour où survient le diacre Maximos, peintre d’icônes qui apporte les tourments diaboliques du désir dans cet asile de Dieu cerné d’à-pic redoutables.

Mon avis :
Anna pourquoi est le deuxième roman que j'ai le plaisir de lire de Pan Bouyoucas. Ma première rencontre avec l'auteur m'avait menée sur une ile grecque baignée de soleil jusqu'à l'étouffement.

Ici, je me suis tout de suite retrouvée en terrain connu, comme si l'auteur avait repris le même décor : même ile grecque, même villageois. Cependant les personnages principaux n'ont plus rien à voir : 2 nones et un diacre.
Pan Bouyoucas est romancier et dramaturge et l'on retrouve la patte de l'homme de théâtre avec dans ce roman la tension d'une comédie dramatique. Ce roman est déjà un film tant le premier chapitre semble être un story-board d'une premier scène mystérieuse et projetant immédiatement le spectateur le lecteur dans une atmosphère étouffante. La suite est à la hauteur et c'est un excellent moment de lecture.

Merci Marie-Anne pour ce judicieux conseil de lecture.

PS : j'en profite pour vous recommander encore une fois les livres de cet éditeur Québécois qui sont en plus de très beaux objets (j'adore leur typographie, qualité d'impression et de papier; cela semblera superficiel pour certain, mais cela améliore beaucoup ma lecture). Le site des Allusifs est ici.

Michèle Halberstadt : L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis

Publié par Stéphanie on mardi, juin 24, 2008 commentaires (5)


Couverture :
A dix-sept ans, Maria-Theresia von Paradis est un être d'exception : fille unique du conseiller de l'impératrice d'Autriche, pianiste virtuose, belle et aveugle. Lorsque son père fait appel au célèbre Mesmer qui soigne par magnétisme, elle découvre la passion et toutes les émotions dont sa cécité la protégeait. Au siècle de Mozart et de Salieri, un roman lumineux où tout est dit des sentiments, du destin et de la liberté.

Mon avis :
Maria-Theresia von Paradis était un être attachant, et c'est ce qui m'a plu dans le roman de Michèle Halberstadt. Si j'ai trouvé le style de l'auteur correct et sans fioriture, je me suis suis tellement attachée au pas hésitant de cette jeune-fille que je n'ai pu reposer le livre avant de connaitre le dénouement de cette histoire.
Cette pianiste, aveugle depuis l'age de 5 ans, retrouve momentanément la vue grâce aux soins (et à l'amour?) de Mesmer. Cependant, à mesure qu'elle retrouve ce sens, elle perd peu à peu la protection que pouvait représenter la cécité.

Comme La main de Dieu, ce roman conte le passage d'une adolescente à l'age adulte, la perte des illusions. Bien sur, le contexte, le traitement sont totalement différents. D'un côté une jeune-fille du XVIIIème siècle, de l'autre une jeune libanaise de nos jours (ou presque). Il y a pourtant la même figure paternelle omniprésente, la même découverte de l'amour (et/ou le sexe), la même figure maternelle reniée. La plume de Michèle Halberstadt manque un peu de la poésie et la gravité qui m'avait laissée sous le charme du lauréat du premier prix Landerneau, certainement est-ce aussi du à l'aspect biographique du roman.

La rencontre de cette demoiselle Paradis vous fera passer un joli moment de lecture, sans plus.
Les billets de Cathulu, Fashion, Florinette, Lou et Papillon.

Sélectionné pour le Prix Landerneau

Louisa May Alcott : Secrets de famille

Publié par Stéphanie on dimanche, juin 22, 2008 commentaires (10)

Couverture :
Après avoir mis en scène dans Derrière le masque une femme avide de pouvoir et sans scrupules qui parvient à ses fins grâce à un stratagème, Louisa May Alcott nous introduit ici dans une famille déchirée par des secrets inavouables. Pris dans un imbroglio de tromperies en cascade dont ils sont à la fois les instigateurs et les victimes, la narratrice et le héros louvoient entre haine, désir de vengeance, folie et suicide. Mais jouer avec la confiance d'autrui mène plus loin qu'on ne le croit. Et, contrairement aux idées reçues, l'amour n'est pas toujours salvateur : il peut parfois se transformer en piège fatal...

Mon avis :
Depuis longtemps sous le charme de Louisa May Scott pour son livre Les quatres sœurs du docteur March, c’est donc avec envie et curiosité que j’avais lu et apprécié Derrière le masque.

Lors du dernier salon du livre, Fashion a dégoté chez le même éditeur, un second court roman de l’auteur : Secrets de famille.

Ici, une jeune-femme se met au service d’une famille en tant que garde malade de leur fille. Elle se rend vite compte qu’un lourd secret les empêche de profiter pleinement de leur situation et a participé à la santé mentale de sa patiente.

Après avoir dépeint une redoutable aventurière dans Derriere le masque, Louisa May Scott décrit ici un aventurier sans scrupule ou presque sous les traits de Steele. Comme précédemment, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver de la compassion pour cet homme, prisionnier de ses propres erreurs. Le thème de l'amour rédempteur est très bien abordé, sans patho. Le récit est toujours aussi bien écrit et a le charme d’autrefois sans en avoir le style trop lourd.

Je ne peux que vous recommander chaudement cette lecture. Merci encore Fashion pour le prêt.