Lucien Cerise : Photographie d'un hamburger

Publié par Stéphanie on dimanche, avril 20, 2008

Couverture :
- J'en ai marre de ces soirées. Il faut toujours se définir positivement par des qualités socialement admises, répondit Lucien.
- Et comment veux-tu faire pour lier connaissance ? Il faut bien dire qui on est ! Comment faire autrement ?
- Je ne sais pas. Mais avant d'être ceci ou cela, avant tout, je ne suis rien. Ou plutôt, je suis un potentiel évolutif, un mouvement virtuel. C'est ce que la psychanalyse nous a enseigné. Et avant elle, Pascal et Nietzsche. " Ça y'est ! Il recommence à délirer ! ", pensa Ahmed.
Il rétorqua :
- Ok, mais la philo c'est bon à la foc. En dehors ça sert à rien. Si on te demande ce que tu fais dans la vie, tu peux pas répondre : " Je suis un potentiel évolutif ".
- Mais c'est la vérité !
- Oui, mais dans une soirée, on ne te demande pas de dire la vérité ! On est pas au tribunal. On te demande seulement de dire ce que tu fais dans la vie, de plaisanter un peu, etc. Ce sont les règles de base de la communication.
- Le problème c'est que je ne fais rien. Il ne se passe rien dans ma vie. Je n'ai rien à dire sur ce sujet.
- Tu n'as qu'à dire d'où tu viens. C'est souvent ça dans les soirées avec les étrangers, chacun parle de ses origines. C'est intéressant.
- L'origine ne définit pas l'identité. Ahmed commençait à s'énerver. " Il me fait chier ! Ce mec est indécrottable ! "

Mon avis :
Ne chercher pas l'espoir ici, il n'y est plus.

Roman acheté au salon du livre où l'auteur participait à la dédicace collective de Louis Lahner (l'écrivain avait simplement invité ses copains écrivains à venir dédicacer avec lui), je n'avais jamais entendu parler de l'auteur.

C'est un roman bizarre, dont je ne sais pas trop que penser.
Côté point négatif, je dirais que le style d'écriture m'a vraiment dérangé. C'est très impersonnel et si cela peut aller à une partie de l'histoire, cela m'a quand même semblé pesant. Côté histoire, si l'auteur a de bonnes idées, elles sont traitées presque totalement séparément, le roman perd donc régulièrement de sa cohérence. Ce manque est si flagrant que durant les trois premiers chapitres, j'ai franchement cru qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles, je ne voyait aucun lien entre les trois histoires racontées.

Pourtant, ce roman m'a suffisamment captivée pour que je ne le lâche pas. Lucien Cerise a un vrai potentiel d'écrivain de polar. Il sait très bien dépeindre les univers glauques (je dis les car ici il mélange aussi bien le glauque des riches que le sombre quotidien d'une cité HLM) et surtout il sait distiller les informations petits à petits en excitant la curiosité de son lecteur pour le "forcer" à continuer sa lecture. J'étais vraiment curieuse de savoir où tout cela allait mener...

Un roman que je ne conseillerais pas forcément mais je suivrais avec attention toute prochaine sortie d'un roman de cet auteur.

4 commentaires:

Comment by Karine on 21 avril 2008 à 03:22

Si tu ne le conseilles pas... je ne note pas! Il y a des moments où je n'ai comme pas le goût de me faire dire qu'il n'y a plus d'espoir!!!!

 
Comment by Karine on 21 avril 2008 à 03:22

Si tu ne le conseilles pas... je ne note pas! Il y a des moments où je n'ai comme pas le goût de me faire dire qu'il n'y a plus d'espoir!!!!

 
Comment by LVE on 21 avril 2008 à 08:31

Rien qu'avec un nom et un titre pareil, ça titille...

 
Comment by Emeraude on 21 avril 2008 à 09:02

c'est vrai, ça titille la curiosité ce titre là ! Pourtant il me semble me souvenir avoir rapidement lu la 4è de couverture un soir avant un ciné pendant que tu le lisais et ça ne me tentait pas du tout! Ou alors le simple titre ne m'avait même pas donné envie de lire la 4è...